vendredi 10 janvier 2020

10/01 - DISCOURS DU PRÉSIDENT JOHN F. KENNEDY 
À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

Le 25 septembre 1961
M. le Président, chers délégués, mesdames et messieurs :

Nous sommes réunis en une occasion d’affliction et d’épreuve. Dag Hammarskjöld* est mort. Mais les Nations Unies sont bien vivantes. Sa tragédie nous atteint au fond de nos cœurs, mais la tâche pour laquelle il est mort est en tête de nos préoccupations. Un noble serviteur de la paix s’en est allé. Mais il nous reste à accomplir la quête de la paix. 
*Dag Hammarskjöld (Dag Hjalmar Agne Carl Hammarskjöld), né le 29 juillet 1905 à Jönköping en Suède et mort dans un accident* d'avion le 18 septembre 1961, en Rhodésie du Nord (l'actuelle Zambie), est un diplomate suédois, qui fut secrétaire général des Nations unies de 1953 à 1961. Le prix Nobel de la paix lui fut décerné l'année de sa mort, à titre posthume. Son refus de choisir entre le camp occidental et le camp soviétique et son engagement en faveur des nations nouvellement décolonisées, notamment celles du Bloc afro-asiatique (il se rendit dans 21 pays d'Afrique entre décembre 1959 et janvier 1960) et contre l'Apartheid (il effectua un voyage en Afrique du Sud en janvier 1961) lui valurent cependant de nombreuses critiques et inimitiés de la part des Grandes puissances, notamment lors de la crise congolaise. Après Hammarskjöld, aucun autre Secrétaire général des Nations unies, n'osa affirmer, de façon aussi nette, l'autonomie et l'indépendance de l'Organisation vis-à-vis des États les plus puissants. Wikipédia
*voir note en fin d’article (NdT)

Le problème n’est pas la mort d’un homme – le problème est la vie de cette organisation. Elle va soit croître pour répondre aux défis de notre époque, ou elle va être emportée par le vent, sans influence, sans force, sans respect. Si nous devions la laisser mourir, affaiblir sa vigueur, saper son autorité, nous condamnerions notre avenir.
Car c’est dans le développement de cette organisation que réside la seule véritable alternative à la guerre – et la guerre ne constitue plus une alternative rationnelle. La guerre inconditionnelle ne peut plus mener à une victoire inconditionnelle. Elle ne peut plus servir à régler des différends. Elle ne peut plus concerner que les seules grandes puissances. Car une catastrophe nucléaire, répandue par le vent, l’eau et la peur, pourrait bien concerner les grands et les petits, les riches et les pauvres, les concernés comme les non-concernés. 
L’humanité doit mettre fin à la guerre – ou la guerre mettra fin à l’humanité.

Donc, prenons ici la ferme résolution que Dag Hammarskjöld n’aura pas vécu et ne sera pas mort en vain. Lançons un appel à une trêve à la terreur. Invoquons les bienfaits de la paix. Et, en élaborant notre capacité internationale de maintien de la paix, unissons-nous pour démanteler la capacité nationale à faire la guerre.
Cela exigera que les Nations Unies acquièrent une force nouvelle et assument de nouvelles missions. Car le désarmement sans vérifications n’est qu’une chimère et une communauté de nations sans loi n’est qu’une coquille vide. L’Organisation des Nations Unies est déjà devenue aussi bien la mesure que le moyen des élans les plus généreux de l’homme. Elle a déjà fourni – au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique cette année au Congo – des moyens de contenir la violence des hommes. Mais la grande question à laquelle a été confrontée cette organisation en 1945 reste encore à résoudre : que les espoirs de progrès et de paix de l’homme soient anéantis par la terreur ou les bouleversements, que les « vents mauvais de la guerre » puissent être calmés à temps pour libérer les vents rafraîchissants de la raison, et que les engagements de notre Charte soient respectés ou défiés – des engagements pour assurer la paix, le progrès, les droits de l’homme et le droit international.
Dans cette salle, il n’y a pas trois forces, mais deux. L’une est composée de ceux qui essaient de construire le genre de monde décrit dans les Articles I et II de la Charte. L’autre, qui envisage un monde bien différent, n’aura de cesse de saper les fondements de cette organisation.

Aujourd’hui est un jour particulier pour maintenir notre engagement envers la Charte. Il doit être tout d’abord renforcé par la sélection d’un fonctionnaire d’exception pour assurer les responsabilités du Secrétaire Général – un homme empreint à la fois de la sagesse et du pouvoir de rendre significative la force morale de la communauté mondiale. Feu le Secrétaire Général a nourri et aiguisé l’obligation d’agir des Nations Unies. Mais il ne l’a pas inventée. Elle était déjà présente dans la Charte. Elle est toujours présente dans la Charte. Quelle que soit la difficulté d’occuper la place de M. Hammarskjöld, elle est mieux remplie par un homme que par trois. Même les trois chevaux de la Troïka n’avaient pas trois cochers, allant tous dans différentes directions. Elle n’en avait qu’un – et il doit en être de même du gestionnaire des Nations Unies. Mettre en place un triumvirat, ou un conseil, ou une rotation de l’autorité, dans l’administration des Nations Unies, ce serait remplacer l’ordre par l’anarchie, l’action par la paralysie, la confiance par la confusion.

Le Secrétaire Général, au sens premier du terme, est le serviteur de l’Assemblée Générale. Diminuer son autorité revient à diminuer l’autorité de la seule organisation où toutes les nations, peu importe leur pouvoir, sont égales et souveraines. Jusqu’à ce que tous les puissants soient justes, les faibles ne trouveront de sécurité que dans la force de cette Assemblée.
L'action opérationnelle efficace et indépendante n’a rien à voir avec la question de la représentation équilibrée. En regard des énormes changements dans les membres de cette organisation depuis sa fondation, la délégation Américaine soutiendra toute tentative de vérification et de révision de la composition des organes des Nations Unies. Mais doter cette organisation de trois cochers – pour permettre à chaque grande puissance de décider de son côté, ce serait inviter la Guerre Froide dans le siège de la paix. Quels que soient les avantages qu’un tel plan représenterait pour mon propre pays, en tant qu’une des grandes puissances, nous le rejetons. Car nous préférons de loin la loi internationale, à l’époque de l’auto-détermination, à la guerre mondiale, à l’époque de l’extermination de masse.

Aujourd’hui, chaque habitant de cette planète doit se faire à l’idée qu’un jour, cette planète ne pourrait plus être habitable. Chaque homme, femme et enfant vit sous une épée de Damoclès nucléaire suspendue par le plus ténu des fils, capable d’être coupé à tout moment par accident, par mauvais calcul ou par folie. Les armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent nous.
Il faut savoir qu'au dessus des gouvernements se trouve un gouvernement de l'ombre qui ne veut pas le bien de l'humanité et qui se débarrasse de tous ceux qui veulent rétablir la Paix.

Les gens ne débattent plus pour savoir si les armements sont le symptôme ou la cause des tensions. L’existence même des armes modernes – dix millions de fois plus puissantes que tout ce que le monde a connu, et à quelques minutes à peine de n’importe quelle cible sur terre – est une source d’horreur, de discorde et de méfiance. Les gens n’affirment plus que le désarmement doive attendre la résolution de tous les différends – car le désarmement doit faire partie de toute résolution permanente. Et les gens ne pourront plus prétendre que la quête du désarmement soit un signe de faiblesse – car dans la course effrénée aux armements, la sécurité d’un pays peut tout aussi bien diminuer même s’il augmente son armement. Pendant 15 ans, cette organisation s’est engagée dans la voie de la réduction et de la destruction des armes. Maintenant ce but n’est plus un rêve – c’est une question pratique de vie ou de mort. Les risques inhérents au désarmement pâlissent en regard des risques inhérents à une course aux armement débridée.
C’est dans cet esprit que la récente Conférence de Belgrade – reconnaissant qu’il ne s’agit plus seulement d’un problème Soviétique ou Américain, mais d’un problème de l’humanité – a validé un programme de « désarmement contrôlé internationalement, général, complet et strict sous contrôle international ». C’est dans le même ordre d’idée que nous aux Etats-Unis avons entrepris cette année, avec une urgence nouvelle, et avec une nouvelle agence statutaire ayant obtenu le complet aval du Congrès, de trouver une nouvelle approche du désarmement qui pourrait être assez ambitieuse bien que réaliste, assez équilibrée et bénéfique, qu’elle pourrait être acceptée par chaque nation. Et c’est dans cet esprit que nous avons présenté avec l’accord de l’Union Soviétique – à condition que les deux nations acceptent à présent « un désarmement général et complet » - une nouvelle déclaration de principes de négociation nouvellement acceptés.
Mais nous sommes bien conscients que toutes les questions de principe ne sont pas réglées, et que les principes en eux-mêmes ne suffisent pas. Il est dès lors de notre intention de défier l’Union Soviétique, non dans une course aux armements, mais dans une course à la paix – pour progresser pas à pas, étape par étape, jusqu’à la réalisation d’un désarmement général et complet. Nous l’invitons maintenant à aller au-delà des accords de principe pour s’accorder sur des plans concerts.
Le gouvernent de l'ombre a inventé la guerre froide comme toutes les guerres pour être certain du maintien des guerres en continu.

Le programme qui sera présenté à cette assemblée – en vue d’un désarmement général et complet sous un contrôle international effectif – a pour but de combler le fossé entre ceux qui insistent pour une approche graduelle et ceux qui n’envisagent que le résultat final et total. Il créerait un mécanisme pour maintenir la paix tout en détruisant la machine de guerre. Il procéderait par des étapes équilibrées et sauvegardées conçues pour qu’aucun état ne bénéficie d’un avantage militaire sur l’autre. Il accorderait la responsabilité finale de la vérification là où elle doit être, non seulement aux grandes puissances, non à son adversaire ou à soi-même, mais à une organisation internationale dans le cadre des Nations Unies. Cela garantirait les conditions indispensables au désarmement – une véritable inspection – et les appliquerait dans des mesures proportionnées à l’étape du désarmement. Il concernerait les vecteurs ainsi que les armes elles-mêmes. Cela mettrait un terme à la production aussi bien qu’aux essais, à leur transfert aussi bien qu’à leur possession. Cela permettrait de parvenir, sous les yeux d’une organisation internationale de désarmement, à une réduction permanente des forces, aussi bien nucléaires que conventionnelles, jusqu’à l’abolition de toutes les armées et de tous les armements, sauf ceux qui sont nécessaires au maintien de l’ordre intérieur et à une nouvelle Force de Paix des Nations Unies. Et ce processus commence maintenant, aujourd’hui, dès le commencement des pourparlers.
En bref, un désarmement général et complet ne doit plus être qu’un slogan, pour empêcher les premiers pas. Ce n’est plus un but sans moyens de l’atteindre, sans moyens de vérifier sa progression, sans moyens de maintenir la paix. C’est désormais un plan réaliste, et un test – un test pour déterminer ceux qui ne veulent qu’en parler, et un test pour ceux qui ont la volonté d’agir.
Un tel plan ne ferait pas advenir un monde libre de tout conflit et de toute cupidité – mais un monde libéré de la terreur de la destruction de masse. Il ne susciterait pas l’ère d’un super-état, mais une ère dans laquelle aucun état ne pourrait annihiler ou être annihilé par un autre.

En 1945, cette Nation a proposé le Plan Baruch pour internationaliser l’atome avant que d’autres nations n’entrent même en possession de la bombe ou démobilisent leurs troupes. Nous avons proposé avec nos alliés le Plan de Désarmement de 1951 alors que nous étions toujours en guerre en Corée. Et nous faisons nos propositions aujourd’hui, tout en accroissant nos défenses au-dessus de Berlin, non parce que nous sommes incohérents ou que nous manquons de sincérité ou que nous soyons intimidés, mais parce que nous connaissons les droits des hommes libres qui prévalent – parce que bien que nous soyons contraints à notre corps défendant de réarmer, nous regardons avec confiance au-delà de Berlin vers un monde désarmé que nous préférons tous. Je propose donc, sur la base de ce Plan, que les négociations sur le désarmement reprennent rapidement, et se poursuivent sans interruption jusqu’à ce qu’un programme intégral de désarmement général et complet ait été non seulement approuvé mais ait été conclu dans les faits.
John Fitzgerald Kennedy "Ich bin ein Berliner"


Le début logique est de commencer par un traité garantissant la fin des essais nucléaires en tout genre, dans chaque environnement, et avec des contrôles praticables. Les Etats-Unis et le Royaume Uni ont proposé un tel traité qui est à la fois raisonnable, efficace et prêt à être signé. Nous sommes prêts à signer ce traité dès aujourd’hui. Nous avons également proposé une interdiction mutuelle des essais dans l’atmosphère, avec des inspections et des contrôles, afin de sauver l’espèce humaine du poison des retombées radioactives. Nous regrettons que cette proposition n’ait pas été acceptée.
Pendant 15 ans, nous avons essayé de faire de l’atome un instrument de croissance pacifique plutôt qu’une arme de guerre. Mais pendant 15 ans, nos concessions n’ont rencontré que l’obstruction, notre patience que l’intransigeance. Et les prières de l’humanité pour la paix n’ont rencontré que le mépris. Enfin, alors que les explosions des autres faisaient naître des nuages dans le ciel, mon pays n’a eu d’autre alternative que d’agir dans son propre intérêt et dans celui de la sécurité du monde libre. Nous ne pouvons mettre en danger cette sécurité en nous abstenant de faire des essais pendant que les autres améliorent leur arsenal. Nous ne pouvons pas non plus la mettre en danger par une interdiction de longue durée des essais sans inspection. Mais cette année, pendant que nous étions en train de négocier de bonne foi à Genève, d’autres se préparaient secrètement à de nouvelles expériences de destruction. Nos tests ne polluent pas l’atmosphère. Nos armes de dissuasion sont protégées contre toute explosion ou usage accidentel. Nos médecins et scientifiques se tiennent prêts à aider tout pays à mesurer et évaluer les risques de santé qui résultent inévitablement des essais dans l’atmosphère. Mais pour mettre fin à la prolifération de ces armes terribles, pour mettre fin à la contamination de l’air, pour arrêter cette course aux armements effrénée, nous restons prêts à chercher d’autres voies d’accord, et notre nouveau Programme de Désarmement contient les propositions suivantes :
-         Premièrement, faire signer un traité d’interdiction des essais nucléaires par tous les pays. Cela peut se faire dès maintenant. Les négociations sur l’interdiction des essais n’ont pas besoin et ne devraient pas attendre le désarmement général.
-         Deuxièmement, arrêter la production des matériaux fissiles destinés aux armes, et empêcher leur transfert à tout autre pays ne disposant pas d’armes nucléaires.
-         Troisièmement, empêcher le transfert du contrôle des armes nucléaires à des pays qui n’en disposent pas.
-         Quatrièmement, empêcher les armes nucléaires d’arriver sur de nouveaux champs de bataille dans l’espace.
-         Cinquièmement, détruire progressivement les armes nucléaires existantes et les convertir en matériaux destinés à des usages pacifiques ; et
-         Finalement, mettre fin aux essais illimités et à la production des vecteurs nucléaires stratégiques, et les détruire progressivement eux-aussi.

Détruire les armes, cependant, n’est pas suffisant. Nous devons créer même pendant que nous détruisons – créer des lois et une police internationale alors que nous prohibons au niveau mondial la guerre et les armes. Dans le monde que nous recherchons, les Forces d’urgence des Nations Unies qui ont été hâtivement réunies, équipées de façon aléatoire et financées de manière inadéquate, ne suffiront pas.

C’est pourquoi les Etats-Unis recommandent aux Présidents que toutes les nations membres allouent des unités spéciales de maintien de la paix au sein de leurs forces armées – pour être mises à disposition des Nations Unies sur demande, spécialement entraînées et rapidement disponibles, avec une allocation d’avance pour un soutien financier et logistique.
De plus, la délégation Américaine suggérera une série de mesures pour améliorer le mécanisme des Nations Unies pour le règlement pacifique de différends – pour le recueil d’informations sur place, la médiation et l’adjudication – pour étendre le règne du droit international. Car la paix n’est pas qu’une question de problèmes militaires ou techniques – elle est principalement un problème de politique et de peuples. Et à moins de pouvoir compléter les mesures militaires et techniques par des avancées équivalentes en matière de développement politique et social, notre grande force, comme celle d’un dinosaure, deviendra incapable de se contrôler et comme les dinosaures, disparaîtra de la surface de la terre.

Alors que nous étendons le règne du droit sur terre, nous devons également l’étendre au nouveau domaine qu’aborde l’humanité – l’espace. Nous saluons tous les courageux cosmonautes de l’Union Soviétique. Les nouveaux horizons de l’espace ne doivent pas être soumis aux vieux concepts amers de l’impérialisme et des revendications souveraines. Les confins glacés de l’univers ne doivent pas devenir le nouveau théâtre d’une guerre froide.
A cette fin, nous ferons des propositions urgentes étendant la Charte des Nations Unies aux limites de l’exploration humaine de l’univers, réservant l’espace à un usage pacifique, interdisant les armes de destruction massive dans l’espace et les corps célestes, et ouvrant les mystères et les bienfaits de l’espace à chaque nation. Nous allons en outre proposer des efforts conjoints entre toutes les nations pour la prévision météorologique et finalement le contrôle climatique. Nous allons enfin proposer un système mondial de satellites de communication reliant le monde entier par le télégraphe, le téléphone, la radio et la télévision. Le jour n’est pas loin où un tel système va pouvoir téléviser les débats de cette organisation dans le monde au bénéfice de la paix.

Mais les mystères de l’espace ne doivent pas nous détourner des dures réalités qu’affrontent nos frères humains. La souveraineté politique n’est qu’un faux-semblant sans les moyens de faire face à la pauvreté, l’analphabétisme et la maladie. L’autodétermination n’est qu’un slogan si l’avenir n’est pas porteur d’espoir. C’est pourquoi mon pays, qui a librement partagé son capital et sa technologie pour aider les autres à s’aider eux-mêmes, propose maintenant d’appeler cette décennie des années 1960 la Décennie des Nations Unies pour le Développement. Dans le cadre de cette Résolution, les efforts déjà entrepris par les Nations Unies pour promouvoir la croissance économique peuvent être étendus et coordonnés. Des études régionales et des instituts de formation peuvent maintenant rassembler de nombreux talents. De nouvelles recherches, assistances techniques et projets-pilotes peuvent révéler la richesse des territoires moins développés et des eaux non utilisées. Et le développement peut devenir une entreprise coopérative et non une entreprise compétitive à disposition de toutes les nations, quelle que soit la diversité de leurs systèmes et de leurs croyances, pour qu’elles deviennent dans les faits aussi bien qu’en droit des nations libres et égales.

Mon pays est en faveur d’un monde d’états libres et égaux. Nous sommes d’accord avec ceux qui affirment que le colonialisme est une question cruciale pour cette Assemblée, mais laissons l’entièreté de ces faits être discutés dans leurs détails.
D’une part, il y a le fait que depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, une déclaration d’indépendance mondiale a transformé près d’1 milliard d’habitants et 23 millions de km² de territoire en 42 états libres et indépendants. Moins de 2% de la population mondiale vit à présent dans des territoires « dépendants ».
Je n’ignore pas les problèmes résiduels du colonialisme traditionnel qui occupent encore cette organisation. Ces problèmes seront résolus, avec patience, bonne volonté et détermination. Dans les limites de notre responsabilité en de telles matières, mon pays entend être un participant et non seulement un observateur, dans le mouvement pacifique et rapide des nations menant d’un statut de colonie à un partenariat entre égaux. Cette marée incessante d’autodétermination, qui a une telle force, a notre sympathie et notre soutien.
Mais le colonialisme dans ses formes les plus sévères n’est pas seulement l’exploitation de nouvelles nations par les anciennes, des peaux sombres par des peaux claires, ou la soumission des pauvres par les riches. Mon pays a jadis été une colonie, et nous savons ce que signifie le colonialisme ; l’exploitation et la soumission des faibles par les puissants, de la multitude par la minorité, des gouvernés qui n’ont donné aucun consentement pour être gouvernés, quel que soit leur continent, leur classe ou leur couleur. Et c’est pourquoi il ne faut pas ignorer le fait que la marée de l’autodétermination n’a pas atteint l’Empire Communiste où une population bien plus importante que celle qui est officiellement qualifiée de « dépendante » vit sous des gouvernements mis en place par des troupes étrangères au lieu d’institutions libres – sous un système qui ne connaît qu’un parti et une croyance – qui supprime la liberté d’expression et les élections libres, la presse libre, la littérature libre et les syndicats libres – et qui érige un mur pour interdire l’accès aux étrangers et retenir prisonniers ses propres citoyens. Débattons du colonialisme dans sa totalité – et appliquons le principe du libre arbitre et celui du plébiscite libre dans chaque coin de la planète.

Enfin, en tant que Président des Etats-Unis, je considère qu’il est de mon devoir de porter à l’attention de cette Assemblée deux menaces pour la paix qui ne figurent pas sur votre calendrier surchargé, mais qui nous causent à nous, et à la plupart d’entre vous, les plus profondes préoccupations.
La première menace dont je veux vous entretenir est largement mal comprise : les charbons ardents de la guerre au Sud-Est Asiatique. Le Sud-Vietnam subit déjà des attaques – parfois d’un assassin isolé, parfois d’une bande de guérillas, récemment de bataillons entiers. Les frontières pacifiques de la Birmanie, du Cambodge et de l’Inde ont été violées à de nombreuses reprises. Et les habitants pacifiques du Laos courent le danger de perdre leur indépendance acquise il y a peu de temps.
Personne n’appelle cela des « guerres de libération ». Car il s’agit de pays libres vivant sous leur propre gouvernement. Il ne s’agit pas non plus d’agressions parce que ces gens sont tués au couteau dans leurs maisons et non tués sur les champs de bataille.
La question très simple à laquelle est confrontée la communauté internationale est de savoir quelles mesures peuvent être prises pour protéger les faibles contre de telles tactiques. Car si elles réussissent au Laos et au Sud-Vietnam, les portes seront grandes ouvertes.

Les États-Unis ne recherchent pour leur part aucune base, aucun territoire et aucune position particulière d’aucune sorte dans cette région. Nous soutenons un Laos vraiment neutre et indépendant, libre de toute ingérence étrangère, vivant en paix entre eux et avec leurs voisins, assurés que leur territoire ne sera pas utilisé pour des attaques sur d’autres, et sous un gouvernement comparable (comme M. Krouchtchev et moi en avons convenu à Vienne) à ceux du Cambodge et de la Birmanie.
Mais à présent les négociations sur le Laos atteignent un stade crucial. Le cessez-le-feu est au mieux précaire. La saison des pluies s’achève. Le territoire Laotien est utilisé pour infiltrer le Sud-Vietnam. La communauté internationale doit reconnaître – et tous ceux qui sont impliqués – que cette menace potentielle pour la paix et la liberté au Laos est indissociable de toutes les autres menaces du même genre.

Deuxièmement, j’aimerais vous entretenir sur la crise en Allemagne et à Berlin. Le temps n’est pas à des accents immodérés, mais la communauté internationale a le droit de connaître les questions très simples telles que nous les voyons. S’il y a une crise c’est parce qu’une paix existante est menacée, parce qu’un îlot existant de gens libres est sous pression, parce que des accords solennels sont traités avec indifférence. Des droits internationaux bien établis sont menacés d’une usurpation unilatérale. La circulation pacifique a été interrompue par des fils de fer barbelés et des blocs de béton.
On se rappelle l’ordre du Tsar dans le « Boris Godounov » de Pouchkine : « Prenez des mesures à cette heure même que nos frontières soient entourées de barrières … Que pas une âme ne passe la frontière, que pas un lièvre ne puisse passer en courant ou un corbeau en volant ».
Il est absurde de prétendre que nous menaçons d’une guerre simplement pour empêcher l’Union Soviétique et l’Allemagne de l’Est de signer un soi-disant « traité » de paix. Les Alliés Occidentaux ne sont pas concernés par un arrangement sur papier que les Soviétiques souhaitent conclure avec leur propre création, sur un territoire occupé par leurs propres troupes et gouverné par leurs propres agents. Aucune action de ce genre ne saurait affecter nos droits ou nos responsabilités.
S'il y a une crise grave à Berlin – et c’est le cas – c’est en raison des menaces contre les intérêts vitaux et les engagements profonds des Puissances Occidentales, et la liberté de Berlin-Ouest. Nous ne pouvons abandonner ces intérêts. Nous ne pouvons renier nos engagements. Nous ne pouvons pas faillir à la liberté de ces gens dont nous sommes responsables. Un « traité de paix » qui comporte des conditions qui détruisent la paix serait une escroquerie. Une « ville libre » qui ne serait pas vraiment libre étoufferait la liberté et serait une infamie. Pour qu’une ville ou un peuple soient vraiment libres, ils doivent avoir le droit en toute sécurité, sans pression économique, politique ou policière, de faire leurs propres choix et de vivre leurs propres vies. Et comme je l’ai dit précédemment, si quelqu’un doute de la mesure dans laquelle notre présence est souhaitée par les habitants de Berlin-Ouest, nous sommes prêts à ce que cette question soit soumise à un vote libre à toute la ville de Berlin et, si possible, à tout le peuple Allemand.
Le fait élémentaire concernant cette crise est qu’elle est inutile. Les instruments élémentaires pour un règlement pacifique se trouvent dans la Charte. Selon sa juridiction, les accords doivent être respectés, à moins qu’ils ne soient modifiés par ceux qui les ont conclus. Les droits établis doivent être respectés. La volonté politique des peuples repose sur leurs propres souhaits, librement exprimés par des plébiscites ou des élections libres. S’il y a des problèmes juridiques, ils peuvent être résolus par des moyens légaux. S’il y a une menace physique, elle doit être rejetée. S’il y a un désir de changement, ce doit être un sujet de négociation et s’il y a une négociation, elle doit être fondée sur le respect mutuel et la préoccupation des droits des autres.

Les Puissances Occidentales sont calmement résolues à défendre, par tous les moyens qui leur sont imposés, leurs obligations et leur accès aux citoyens libres de Berlin-Ouest et à l’autodétermination de ses citoyens. Cette génération a fait la triste expérience que brandir ou céder aux menaces ne peut mener qu’à la guerre. Mais la fermeté et la raison peuvent mener au genre de solution pacifique dans laquelle mon pays croit profondément.

Nous ne sommes contraints par aucune formule rigide. Nous ne voyons pas de solution parfaite. Nous reconnaissons que les troupes et les chars peuvent, pour un temps, maintenir une nation divisée contre son gré, même si cette politique nous apparaît déraisonnable. Mais nous croyons à la possibilité d’un accord pacifique, qui protège la liberté de Berlin-Ouest et de la présence et de l’accès des Alliés, tout en reconnaissant les intérêts historiques et légitimes des autres pour assurer la sécurité en Europe.

Les possibilités de négociation sont en cours d’exploration ; il est trop tôt pour faire le point sur les perspectives. En ce qui nous concerne, nous serions heureux de pouvoir annoncer en temps utile qu’une solution a été trouvée. Car il n’y a nul besoin d’une crise à propos de Berlin, et de menacer la paix – et si ceux qui ont créé la crise souhaitent la paix, il y aura la paix et la liberté à Berlin.

Les évènements et les décisions des dix prochains mois pourraient bien décider du sort de l’humanité pour les prochains dix mille ans. Il ne sera pas possible d’éviter ces évènements. Il n’y aura pas d’appel à ces décisions. Et de nous dans cette salle, on se souviendra soit de la génération qui a transformé cette planète en un bûcher funéraire ou de la génération qui a tenu sa promesse de « sauver les générations à venir des affres de la guerre ».

Dans le but de tenir cette promesse, je vous assure que cette Nation fera tous les efforts nécessaires. Je vous promets que nous ne commettrons ni ne provoquerons d’agression, que nous n’allons ni céder ni invoquer la menace, que nous n’allons jamais négocier par peur, que nous n’allons jamais avoir peur de négocier.

La terreur n’est pas une arme nouvelle. Au cours de l’histoire, elle a été utilisée par ceux qui ne pouvaient s’imposer, soit par la persuasion ou par l’exemple. Mais ils finissent toujours par échouer, soit parce que les gens n’ont pas peur de mourir pour une vie qui vaut la peine d’être vécue, ou parce que les terroristes eux-mêmes en viennent à réaliser que des hommes libres ne peuvent pas être effrayés par des menaces, et que l’agression rencontrerait sa propre réaction. Et c’est à la lumière de cette histoire que chaque nation devrait savoir aujourd’hui, qu’elle soit amie ou ennemie, que les Etats-Unis ont à la fois la volonté et les armes de se ranger aux côtés des hommes libres en assumant leurs responsabilités.

Mais je viens ici aujourd’hui pour regarder au-delà d’un monde de menaces vers un monde de paix. Dans cette recherche nous ne pouvons nous attendre à un triomphe final – car de nouveaux problèmes ne cesseront de se poser à nous. Nous ne pouvons attendre que toutes les nations adoptent des systèmes similaires – car le conformisme est le garde-chiourme de la liberté, et l’ennemi de la croissance. Nous ne pouvons pas non plus nous attendre à atteindre notre objectif par la contrainte, par la lumière ou même par les souhaits de tous. Mais même si nous semblons parfois nous rapprocher de près de ces abysses de ténèbres de fin des temps, il ne faut pas permettre aux hommes épris de paix et de liberté de désespérer. Car ils ne sont pas seuls. Si nous pouvons tous persévérer, si nous sommes capables dans tous les pays et dans toutes les fonctions de regarder au-delà de nos propres frontières et ambitions, alors viendra sûrement une époque dans laquelle les forts seront justes et les faibles en sécurité et où la paix sera préservée.

Mesdames et messieurs de cette Assemblée, la décision vous appartient. Jamais les nations du monde n’ont eu autant à perdre, ou tant à gagner. Ensemble nous allons sauver notre planète, ou ensemble nous allons périr dans ses flammes. Nous pouvons la sauver – et nous devons la sauver – et nous mériterons la gratitude éternelle de l’humanité, et en tant que faiseurs de paix, la bénédiction éternelle de Dieu.
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*Mais qui a tué Monsieur H., secrétaire général de l'ONU ?
18 septembre 1961. Dag Hammarskjöld, secrétaire général de l'ONU, meurt dans le crash de son avion. Cinquante-huit ans après, le journaliste Maurin Picard reprend l'enquête.
 Par Jean Guisnel
Modifié le 06/05/2019 à 16 :38 - Publié le 02/05/2019 à 20 :30 | Le Point.fr




Le secrétaire général des Nations unies Dag Hammarskjöld, à Léopoldville le 13 septembre 1961. Son avion s'écrasera 5 jours plus tard.
© AFP

Le mystère est insondable. Depuis 58 ans, il intrigue diplomates, historiens, journalistes et experts de l'Afrique ; il a suscité des milliers d'articles, des dizaines de livres, des quantités de mémoires et de thèses, tout en demeurant l'une des grandes énigmes du XXe siècle. Le 18 septembre 1961, moins d'un an après l'indépendance de l'ancienne colonie belge du Congo (aujourd'hui République démocratique du Congo), la province sécessionniste du Katanga est entrée dans une phase aiguë de la guerre contre les troupes de l'ONU envoyées pour la réduire. Deux hommes-clés ont prévu de se rencontrer ce jour-là pour tenter d'amorcer une solution politique. Le rendez-vous discret a été pris sur le petit aéroport de Ndola, à la frontière entre le Katanga et la Rhodésie. Leader de la sécession, Moïse Tshombé est arrivé la veille dans l'après-midi. Le secrétaire général de l'ONU, le Suédois Dag Hammarskjöld, est attendu peu après minuit, à bord de son moderne DC-6 quadrimoteur, l'Albertina.
Juste avant d'atterrir, l'avion s'écrase. Tout son équipage et ses passagers meurent, à l'exception d'un seul qui survivra quelques heures. La question est basique : quelle est la cause de ce crash ? Le journaliste Maurin Picard publie une méticuleuse enquête reprenant les thèses en présence et les complète souvent, tout en ayant sa petite idée. À ses yeux, la mort de Dag Hammarskjöld a été provoquée par les mercenaires européens soutenant la sécession.
Des intérêts postcoloniaux

De deux choses l'une : soit l'avion du secrétaire général a été victime d'un accident, causé par une défaillance technique ou par une faute de l'équipage. L'auteur n'y croit guère, mais réfute l'idée que le pilote Per Hallonquist ait été « fatigué » par le manque de sommeil et quelques abus.
Mais, s'il ne s'agit pas d'un accident, quelle cause faut-il privilégier ? Et là, il y a fort à faire… En effet, Dag Hammarskjöld gênait beaucoup de monde, sans doute trop pour espérer vivre vieux. Picard dresse la liste de ses ennemis, elle est vraiment impressionnante. Le « scandale géologique » congolais est concentré au Katanga. On y exploite des richesses minérales colossales, de l'uranium au cobalt, en passant par l'argent, le zinc, le cadmium, l'or, le manganèse et 10 % du cuivre mondial ! Maîtresse de ce trésor colossal, l'Union minière du Haut Katanga finance la sécession et son armée, recrute et arme les mercenaires, notamment français, avec la bénédiction de Paris. La France du général de Gaulle pratique « l'illégalisme d'État » en appuyant sans le dire, mais sans vraiment s'en cacher, ses soldats de fortune (parmi lesquels Roger Faulques, Roger Trinquier ou Bob Denard) engagés à prix d'or par les Katangais. Au nom de leurs intérêts postcoloniaux, les Français, les Britanniques, les Américains, les Sud-Africains, les Belges et d'autres encore soutiennent la sécession en sous-main. Ils partagent aussi l'exécration de Dag Hammarskjöld, essentiellement coupable à leurs yeux de menacer leur mainmise sur cette partie de l'Afrique.
Récupéré par la culture pop

Quand on évoque aujourd'hui les théories du complot, Terre plate, inexistence de l'Holocauste ou autres fadaises, on parle de thèses fallacieuses. Mais il faut bien admettre que l'on ne peut pas analyser la mort de l'ancien secrétaire général de l'ONU sans évoquer le complot susceptible de l'avoir provoquée. Maurin Picard a parcouru la planète à la recherche de survivants de la sécession katangaise, a fouillé dans des archives, rencontré nombre de chercheurs qui l'ont précédé. Ce qui lui permet d'exposer des personnages qui, espions, diplomates, politiciens, pilotes, affairistes, etc., auraient bien pu prêter la main à un assassinat. Il recense les possibles conjurations, les triture, s'essaie à peser le pour et le contre, soupèse les inimitiés et les haines.
Au bout de son enquête, dont nous conseillons vivement la lecture, on aimerait s'associer à sa conviction qu'il a trouvé une possible clé : l'Albertina aurait été abattu par un petit avion bimoteur DO 28* armé d'une mitrailleuse de sabord, piloté par le mercenaire allemand Heinrich Schäfer*. Mais les preuves manquent, admet Picard, qui doit se contenter d'un échafaudage de vraisemblances. Insuffisant pour répondre à la double question : Dag Hammarskjöld a-t-il été assassiné ? Et par qui ?
La mort de « Monsieur H. », écrit l'auteur, « s'est fondue dans la culture pop à mesure qu'elle quittait le champ politique ». C'est l'une des raisons qui rend cette énigme si passionnante. Le livre est plus passionnant qu'un polar, car, à la fin de la lecture, personne ne sait qui est le coupable. En septembre, une commission d'enquête de l'ONU, dont on connaît les premiers travaux, rendra à son tour des conclusions. À suivre...
Dornier Do 28 A/B de l’armée turque                    Lieutenant de la Luftwaffe Hans Schäfer




Le bimoteur Do 28 a été développé vers la fin des années 1950 sur la base du monomoteur Do 27. Il était conçu comme monoplan à ailes hautes reprenant la voilure et les dispositifs hypersustentateurs ainsi que la partie arrière de la cabine (accueillant 6 personnes) et l’empennage du Do 27. Les deux moteurs Lycoming ainsi que les jambes du train d’atterrissage principal caréné, étaient fixés sur des ailettes basses. Tout comme le Do 27, le Do 28 se distinguait par sa vitesse de croisière élevée, ses excellentes qualités de vol à basse vitesse et ses caractéristiques ADAC sur pistes sommairement préparées. Le premier vol du Do 28 A équipé de deux moteurs Lycoming 0-540 de 255 ch et d’hélices bipales eut lieu le 20 mars 1960 à Oberpfaffenhofen.
Le Do 28 B possédait, lui, des moteurs Lycoming IO-540 de 290 ch et des hélices tripales.
Un total de 120 appareils de type Do 28 A et B furent réalisés. Certains appareils volent encore en Afrique et en Amérique du sud. Wikipédia
*Il existe bien dans la Luftwaffe plusieurs Heinrich Schäfer, mais également un Hans Schäfer crédité de 18 victoires, dont près de la moitié contre des bombardiers (photo ci-dessus). L’exécuteur des basses œuvres de la Cabale en matière aérienne étant le DVD (Deutscher Verteidigungsdienst basé à Dachau, près de Munich), il est logique que le pilote (un as de la Deuxième Guerre Mondiale) et l’appareil (flambant neuf à l’époque) soient Allemands. (NdT)
En vidéo :

Envois et traduction de Patrick T.

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