lundi 9 décembre 2019

09/12 - GRÈVE DU 5 DÉCEMBRE À RENNES.
JEAN-LUC CHENUT CONDAMNE 
L’"INTRUSION" DE POMPIERS DANS LA PRÉFECTURE.

photo des pompiers en grève ont manifesté devant la préfecture de bretagne, ce jeudi 5 décembre. certains ont pénétré dans les lieux. © ouest-france


Des pompiers en grève ont manifesté devant la préfecture de Bretagne, ce jeudi 5 décembre. Certains ont pénétré dans les lieux.

Jean-Luc Chenut, président socialiste du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine condamne l’intrusion de sapeurs-pompiers dans l’enceinte de la préfecture à Rennes, en marge du défilé contre la réforme des retraites. Dans le même temps, il « appelle le gouvernement à répondre aux inquiétudes des Français ».
Jean-Luc Chenut, président socialiste du conseil départemental, mais aussi président du conseil d’administration du service d’incendie et de secours (Sdis) d’Ille-et-Vilaine, est en colère, ce jeudi 5 décembre. « Je condamne avec la plus grande fermeté l’intrusion de sapeurs-pompiers dans l’enceinte de la préfecture à Rennes, rue Martenot. De la part d’agents publics, un tel comportement est absolument inacceptable et contribue à entacher l’image du service et à compromettre les possibilités d’un dialogue social respectueux et équilibré. Je demande au directeur du service départemental d’incendie et de secours d’engager sans délai les procédures disciplinaires adaptées, prévues par les textes, et connues de tous. » 
Pour rappel, en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, un groupe de pompiers grévistes s’est infiltré dans la préfecture de Bretagne, entre 13 h 30 et 14 h. Selon les autorités, il n’y a pas eu de casse.
Et gazer des pompiers qui manifestent pacifiquement à Paris. Comment appeler ce comportement?

En grève
« Environ 200 sapeurs-pompiers ont manifesté jeudi matin dans les rues de Rennes : des professionnels et du personnel administratif, venus de tout le département. La profession était très mobilisée. A la fin du défilé, à une cinquantaine, nous nous sommes rendus à la préfecture Martenot avec l’idée d’obtenir un entretien avec la préfète. Nous sommes en grève depuis le 26 juin dernier et rien ne bouge. Le ministre nous renvoie vers le département qui, à son tour, nous explique que c’est à l’état d’agir », détaille Cédric Blanc, secrétaire de la CGT pompiers.
Devant la préfecture, des fumigènes ont été allumés. « A un moment, la grille s’est ouverte, nous sommes entrés dans la cour, dans le calme. Un employé de la préfecture est arrivé vers nous : il nous a dit que la préfète ne pouvait pas nous recevoir, mais qu’une rencontre, sans elle, pouvait avoir lieu. Nous avons refusé et nous sommes partis. Tout s’est passé sans incident. Et il n’y a pas eu d’intrusion, comme le dit M. Chenut. »

Rappelons que les pompiers ont entamé un mouvement de grève il y a plusieurs mois. Ils dénoncent les agressions dont ils sont victimes lors des interventions. Ils réclament une prime de feu et la reconnaissance de leur profession comme « métier à risque ».
« 26 agressions sur 50.000 interventions dans le département »
Une toutes les 3 minutes
Jean-Luc Chenut est d’autant plus furieux qu’il a rencontré lundi après-midi les syndicats (la CGT notamment), avec le patron des pompiers d’Ille-et-Vilaine, le contrôleur général Eric Candas. « Ils étaient une quarantaine. Nous avons discuté plus de deux heures », explique le président du conseil départemental. Il poursuit : « Je leur ai à nouveau expliqué que pour la prime de sécurité et les points retraites, ils devaient se tourner vers le gouvernement. Je leur ai aussi expliqué qu’à chaque fois qu’un pompier avait été agressé à l’occasion d’une intervention, l’avocat du Sdis les avait défendu. Je précise qu’il y a eu 26 agressions sur 50.000 interventions dans le département ». 
Le président du conseil départemental est aussi revenu sur la Sainte-Barbe annulée samedi dernier à Saint-Malo : « On avait également rencontré les syndicats avant. On avait accepté des banderoles factuelles dénonçant les agressions. Ils ne l’ont pas respecté en laissant des banderoles insultantes pour les élus. C’est inacceptable et c’est pour cette raison que j’ai décidé d’annuler la Sainte-Barbe de Saint-Malo ».
La Sainte-Barbe de Rennes prévue samedi prochain à l’occasion de l’inauguration du centre de secours du Blosne est également annulée.


Les pompiers devant la préfecture de Bretagne, à Rennes.
Les pompiers devant la préfecture de Bretagne, à Rennes.

« Le gouvernement est très largement responsable de la crise de confiance »

En parallèle, Jean-Luc Chenut tire les conclusions de l’importante mobilisation dans les rues de Rennes : environ 15.000 personnes ont défilé ce jeudi 5 décembre.
« Il apparaît qu’une part importante de nos concitoyens est déterminée à envoyer au gouvernement un signal fort, estime-t-il. Le refus de voir se mettre en œuvre une réforme qui se ferait à leur détriment. Le gouvernement est très largement responsable de la crise de confiance : baisse des allocations logement, réforme de l’assurance chômage, réduction massive des contrats aidés, encadrement drastique des dépenses des collectivités territoriales, suppression de l’ISF… Cette réforme des retraites apparaît fondée sur une logique essentiellement comptable. Or, si l’économie générale du système actuel doit être questionnée, la réforme engagée ne constitue pas en elle-même un projet de société équilibré et solidaire dans lequel nos compatriotes pourraient se reconnaître. »
Il invite le gouvernement à « reconsidérer le rôle des corps intermédiaires – en l’espèce syndicalistes et politiques – et qu’il abandonne cette dangereuse stratégie de mise à l’écart ».

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