lundi 24 septembre 2018

24/09 - MIGRANTS. LE PANAMA ANNONCE 
QU’IL RETIRE SON PAVILLON À  L'AQUARIUS 
POUR NON-RESPECT DES PROCÉDURES JURIDIQUES INTERNATIONALES. 


Le Panama a annoncé samedi qu’il allait retirer son pavillon au navire humanitaire Aquarius, déjà privé de pavillon par Gibraltar, pour « non-respect » des « procédures juridiques internationales » concernant le sauvetage de migrants en mer Méditerranée.
« L’administration maritime panaméenne a entamé une procédure d’annulation officielle de l’immatriculation du navire Aquarius 2, ex-Aquarius (…) après la réception de rapports internationaux indiquant que le navire ne respecte pas les procédures juridiques internationales concernant les migrants et les réfugiés pris en charge sur les côtes de la mer Méditerranée », indiquent les autorités dans un communiqué diffusé sur leur site.
Selon le Panama, la principale plainte émane des autorités italiennes, selon lesquelles « le capitaine du navire a refusé de renvoyer des migrants et réfugiés pris en charge vers leur lieu d’origine ». Elle rappelle également que le navire s’est déjà vu retirer son pavillon par Gibraltar.
Or, selon le communiqué, « l’exécution d’actes portant atteinte aux intérêts nationaux constitue une cause de radiation d’office de l’immatriculation des navires ». (…)

L’Aquarius va-t-il devenir un pirate des mers ? Le navire humanitaire de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF) est sur le point de se voir retirer son pavillon par l’État du Panama, alors même qu’il patrouille  actuellement au large des côtes libyennes, dans le cadre de sa mission de recherche et de sauvetage.
L’Etat d’Amérique centrale justifie sa démarche en expliquant que l’Italie lui a signalé un comportement de l’Aquarius contrevenant au droit international. « L’autorité maritime panaméenne a engagé le processus de retrait du pavillon du navire Aquarius 2, ex-Aquarius, explique le Panama dans un communiqué publié vendredi, en raison des rapports internationaux reçus, selon lesquels le bateau ne respecte pas les procédures juridiques internationales en matière d’immigrants et de réfugiés secourus en mer Méditerranée. La principale plainte provient des autorités italiennes, qui ont rapporté le fait que le navire a refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine. »
Jeudi 20 septembre, au matin, dix Pakistanais – dont un mineur isolé de 14 ans – et un Ivoirien ont été secourus en mer par le navire humanitaire. Ils ont été repérés à 28 milles marins des côtes libyennes, à bord d’une barque en fibre de verre. Ils avaient quitté la ville côtière de Zouara, en Libye, la veille, aux alentours de 23 heures, et se trouvaient à plus de 120 milles marins du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa.
Les autorités maritimes libyennes, chargées depuis juin de la coordination des secours dans cette partie des eaux internationales, avaient demandé à l’Aquarius de transférer les migrants à bord d’une navette des gardes-côtes libyens. L’Aquarius a refusé, en se prévalant des conventions maritimes internationales. Celles-ci prévoient que toute personne secourue en mer, quels que soient son statut et sa nationalité, soit débarquée dans un lieu sûr. Or, la Libye n’est pas considérée comme un lieu sûr de débarquement, ainsi que l’a encore rappelé le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) en septembre.

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