lundi 18 juin 2018

18/06 - LA DICTATURE "FRANÇAISE" S'ATTAQUE À TV LIBERTÉ. 
SA CHAÎNE YOUTUBE SUPPRIMÉE : 
LA RIPOSTE DE TVL. 


La suppression de sa chaîne Youtube est inacceptable
Le 14 juin, Youtube a décidé brutalement de supprimer la chaîne de TV Libertés en invoquant une prétendue violation mineure des règles régissant les citations d’un média par un autre. Cette décision bafouant les libertés fondamentales soulève l’indignation de Me Nicolas Gardères, avocat et maître de conférence à Sciences Po.
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Europe 1 :
Le directeur de la chaîne dénonce une décision "unilatérale, arbitraire, et sans aucun avertissement préalable". 
Le compte YouTube de la chaîne de télévision d'extrême droite TV Libertés a été fermé pour "atteinte aux droits d'auteur", selon la plateforme de vidéos, suscitant l'indignation de plusieurs cadres du Rassemblement national (ex FN). La chaîne a dénoncé vendredi une décision "politique" et "arbitraire", la présidente du RN Marine Le Pen évoquant un "recul" des libertés.

Une décision "politique", selon TV Libertés. "Ce compte a été clôturé, car nous avons reçu, à plusieurs reprises, des réclamations de tiers pour atteinte aux droits d'auteur concernant le contenu publié par cet utilisateur", explique YouTube dans un message posté sur l'écran à l'adresse YouTube de TVLibertés.
"YouTube a bloqué la diffusion du journal télévisé du jeudi 14 juin pour atteinte aux droits d'auteur. Une mesure inédite et fausse. En effet, nous pouvons aisément faire valoir le droit de citation", a écrit de son côté le directeur de la chaîne, Martial Bild, dans un communiqué.
Selon Martial Bild, il s'agit d'une décision "politique", "unilatérale, arbitraire et sans aucun avertissement préalable", qui prive de télévision "alternative" 100.000 abonnés alors que la chaîne "entamait une campagne de dons cruciale".
TV Libertés affirme avoir pu rétablir, sur son site internet, le visionnage de son journal mais que plusieurs vidéos restent inaccessibles. Marine Le Pen a estimé sur Twitter que cette fermeture participait à un "recul" de la liberté d'expression.

Marine Le Pen dénonce "un recul massif" des libertés". "Comptes Twitter ou Facebook suspendus ou fermés sans aucune justification, loi sur les 'Fake news', fermeture de la chaîne YouTube de @tvlofficiel... : le mandat de #Macron marque un recul massif de nos libertés d'opinion et d'expression. Ça commence vraiment à faire peur !", a tweeté la dirigeante nationaliste.
L'ancien ministre LR Thierry Mariani a apporté son soutien à la chaîne estimant qu'elle était "victime d'un nouvel ordre moral". Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan et le président du Parti Chrétien-Démocrate Jean-Frédéric Poisson ont dénoncé une "censure" ou ses "prémices".
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TV Libertés est une grosse webtélé fondée en 2014. A grands traits, sa ligne éditoriale va de la droite des Républicains à celle du Front national. Elle est un peu le média de l’establishement natio-catho, où viennent parler cadres du FN, intellos semi-réprouvés à la Alain de Benoist, curetons tradis, demi-habiles de droite en tout genre, écrivains réacs maudits, etc. Par hypothèse libertaire et foi en l’impératif dialogique, j’y ai moi-même participé pendant plusieurs années à une émission de débats, dans le souci d’affronter la bête dans son antre et sur ses thèmes obsessionnels (islam, immigration, identité, avortement, homosexualité…). Une approche du combat politique que l’on peut critiquer, mais que j’assume totalement et sans rien renier de mon intégrisme libéral. Peu importe, là n’est plus la question.

Et l’Etat de droit, bordel ?
En effet, le 14 juin, Youtube a décidé brutalement de supprimer la chaîne de TV Libertés, comptant une centaine de milliers d’abonnés. Cette décision parfaitement arbitraire et reposant fallacieusement sur une prétendue violation mineure des règles régissant les citations d’un média par un autre (violation qui serait intervenue quelques heures avant la suppression pure et simple de la chaîne…) pose un grave problème de libertés fondamentales.
est un truisme de rappeler qu’Internet a totalement bouleversé le rapport à l’expression et l’exercice de cette liberté matricielle. Il a d’ailleurs rendu, en grande partie, obsolète le dispositif répressif français du droit pénal de la presse. Des milliers d’infractions pénales (injures, diffamations, incitations à la haine…) sont ainsi commises chaque jour sur le territoire français, sans être presque jamais poursuivies devant les tribunaux.
Que l’on déplore ou non l’existence de restrictions pénales sur l’expression, il n’est pas contestable que celles-ci s’exercent dans le respect des règles de l’Etat de droit, c’est-à-dire notamment suivant les principes fondamentaux de la procédure pénale, le régime juridique de la loi 1881 sur la liberté de la presse et les droits de la défense.

La Toile de l’arbitraire
Sur Internet, il n’existe rien de tel. L’arbitraire y règne en maître et Youtube, Facebook ou Twitter suspendent ou suppriment les comptes des contrevenants aléatoires sans aucun discernement, ni aucun contrôle réel (comme les très rares actions en justice conduites à ce jour le démontrent). Que des sociétés privées fassent respecter leur règlement intérieur est entendu, mais les GAFA ne sont plus de simples sociétés privées se contentant de vendre des produits sur un marché. Youtube, Facebook et Twitter sont devenus les principaux canaux d’expression publique au monde. De ce fait, n’importe laquelle de ces sociétés a aujourd’hui plus de capacité à restreindre la liberté d’expression d’une population que ne l’a une démocratie libérale comme la France. Elles sont très tranquillement en train d’établir des sociétés parallèles totalitaires, au sein desquelles n’importe qui peut disparaître n’importe quand, virtuellement supprimé dans les caves de ces Loubiankas virtuelles.
En outre, ces souverains virtuels peuvent utilement collaborer (sûrement le font-ils déjà d’ailleurs) avec les Etats, pour que ces derniers puissent exercer une censure que leurs ordres juridiques libéraux leurs interdisent.
Quand le gouvernement applaudit la censure
La future loi sur les fake news vient d’ailleurs bien rappeler que l’Etat français n’a pas renoncé à sa mission de répression du discours et d’hygiène mentale.
La suppression de pages Facebook de groupuscules d’extrême droite, comme récemment celle de Génération Identitaire, a été acclamée par le gouvernement, ce qui laisse l’amer sentiment d’une externalisation, d’une privatisation de la censure.
Avec la suppression de la chaîne de la facho-placide TV Libertés, un cap orwellien a encore été franchi.

Journal de TV Liberté 15 juin 2018
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